mardi 27 décembre 2016

L'éveil...

Quelque soit la religion, les gens pensent que l'éveil ça vient tout seul, "on a bien le temps avant de mourir" disent ils... Mais non seulement le karma ne fonctionne pas ainsi car la mort, selon le karma de chacun, peut arriver à n'importe quel moment, mais aussi personne ne peux faire ce travail, spirituel, pour vous. Personne, même pas bouddha. Je sais, dans certaines traditions, notamment shamane mais aussi vaudou et d'autres, c'est le "prêtre" qui fait les pratiques pour vous. Mais est ce juste ? Que ce soit un autre qui fasse le travail pour votre karma pourri ? Je pense que la réponse va de soit. J'entends autour de moi sans cesse "j'ai pas le temps, j'ai mon boulot, les gosses, le sport, la maîtresse... J'y arrive pas et j'aurai bien plus de temps libre pendant les vacances, la retraite..." Entre temps vous serez peut être paralysés, mort...
Pour moi chaque seconde perdue, alors qu'on aurai le temps de s'organiser et surtout de comprendre profondément que la pratique n'est pas seulement intellectuelle et/ou formelle (sur le coussin), mais qu'elle doit surtout être présente à chaque instant, chaque seconde de notre vie, pour moi tous ces instants de "non pratique" sont des instants perdus. Des instants qui selon vos karma vous ramènerait, inexorablement, dans des cycles d'existence pas forcément cool ; animaux, enfers, esprits...
Alors oubliez les livres, oubliez les principes, oubliez surtout ce que cette société hautement pourrie veut vous imposer comme étant juste, et occupez vous de vous un peu. En vous occupant de vous cela rejaillira sur tous les êtres sensibles dans les dix directions et les trois temps...

Règles Généralement Admises Dans Les Temples Tibétains

Bon je vais essayer de me fendre d'un petit Petit texte sur les règles généralement admises dans un centre bouddhiste tibétain. Mes amis tibétain, ou pratiquant, n'hésitez pas à ajouter ce que j'aurai oublié. Ce sont des règles que vous pouvez mettre des années avant de les connaître et que certains, par pur égoïsme, ne connaîtront jamais ou ne voudront jamais connaître. 
- En arrivant dans le temple on se prosterne trois fois devant l'autel, de préférence face à l'hôtel mais sinon plus ou moins face... 
- Et si c'est pour un enseignement et que l'enseignant est là, assis à sa place, il convient de ce prosterner encore trois fois vers lui. 
- On ne pose pas les textes par terre. 
- On ne tourne pas sa plante des pieds vers l'autel ou les lama enseignants. 
- Souvent, devant l'autel, il y a des bougies et des bâtons d'encens disponibles que vous pouvez mettre en place en offrande à une situation où personne particulière. Ce n'est pas gratos. C'est pas parce que vous payez 10€ par mois que tout vous est dû. Il y a souvent une petite caisse ou tirelire pas loin. Que vaudrait une offrande que vous feriez à un proche malade ou mort et que vous avez eu gratos ? 
- Sauf si l'enseignant le spécifie on garde ses questions pour la fin de l'enseignement. (perso je préfère qu'on me pose les questions quant elles arrivent). 
- Selon les lignées avant l'enseignement vous aurez des coups de gong lent puis de plus en plus rapide. Essayez de vous installer avant la fin des coups de gong. 
- A la fin d'une pratique il est possible de rester assis 5mn de plus, le temps de revenir à la réalité (je me suis accroché avec des grenouilles de bénitier, hé oui dans le bouddhisme on en a aussi, elles et ils sont juste souvent plus jeune ;) qui refusaient qu'on se pose 5mn après une pratique. 
- Les règles de tenue vont de soit mais bon j'ai tout vu déjà. Ce tenir droit, ce concentrer sur ce qui se dit, emporter de quoi écrire pour les questions, apporter son mala et des textes à chaque venue sont un minimum. 
- Pendant la pratique le lama peut se sentir très seul quand les gens n'osent pas chanter ou réciter leurs textes ;) Ceci encore plus après des années de pratique ensemble. 
- Lorsque vous recevez une transmission, c'est à dire le souffle qui vous est transmis au travers de votre enseignant, qui vient du Bouddha primordial et vous donne l'autorisation et le pouvoir de pratiquer la plupart des pratiques, il convient de faire un don au lama qui fait la transmission. Une petite enveloppe à la discrétion de chacun, un khatag et en avant... 
- Et surtout mais ça personne ne m'écoutera, les transmission c'est pas une course à celui qui en aura le plus. Il ne sert à strictement rien d'avoir eu toutes les transmission possible et imaginables si on ne pratique rien ou même seulement une ou deux pratiques... C'est la mode de nos jours, un lama vient de loin pour donner une transmission de Lung et tout ceux qu'on ne voit pas le reste de l'année viennent montrer leurs bijoux, leur maquillage testé sur les cul de babouin, leur grosse bagnole et leur fringues hors de prix. Ça ce n'est ni être bouddhiste, ni chrétien, ni rien d'autre qu'un égoïste... 
En gros c'est tout...

mercredi 30 novembre 2016

C'est vous qui décidez...


À un dîner de bienfaisance pour une école d'enfants ayant des difficultés d'apprentissage, le père de l'un des élèves fit un discours que les personnes présentes ne risquent pas d'oublier. Après avoir vanté les mérites de l'école et de son personnel, il proposa une question :

« Lorsque des influences extérieures n'interfèrent pas avec elle, tout ce que la nature fait est parfaitement exécuté.

Pourtant mon fils, Shay, ne peut apprendre les choses comme les autres enfants. Il ne peut les comprendre comme les autres.

Où est l'ordre naturel des choses dans mon fils ?

L'auditoire était muet de stupéfaction

Le père continua : « je pense que lorsqu'un enfant comme Shay vient au monde, mentalement et physiquement diminué, une opportunité s'offre à lui pour réaliser la véritable nature humaine présente en lui, selon la façon dont les autres traiteront cet enfant. »

Puis il raconta l'histoire suivante :

Shay et moi marchions le long d'un parc ou quelques enfants que mon fils connaissait jouaient au base-ball. Shay me demanda : « Tu penses qu'ils me laisseront jouer ? »

Je savais que la plupart des enfants ne voudraient pas de quelqu'un comme Shay dans leur équipe, mais, comme père, je comprenais aussi que si mon fils était autorisé à jouer, cela lui donnerait le sens d'appartenir à un groupe, ce dont il avait grand besoin et une certaine confiance en lui pour avoir été accepté par les autres, en dépit de ses handicaps.

Je m'approchai de l'un des enfants sur le terrain et lui demandai sans trop d'espoir si Shay pouvait jouer. Le garçon regarda autour de lui en quête d'un avis et dit : « nous perdons de six points et nous en sommes au huitième tour de batte. Je pense qu'il peut venir dans notre équipe et nous essayerons de le mettre à la batte au neuvième tour. »

Shay se dépêcha vers le banc de l'équipe et, avec un large sourire, enfila un T-shirt de l'équipe. J'observais cela avec une petite larme à l'œil, j'avais chaud au cœur. Les garçons  virent ma joie et mon fils fut accepté.

À la fin du huitième tour, Shay enfila un gant et joua du côté droit. Bien qu'aucun tir ne fut dirigé vers lui, il était de toute évidence en extase d'être dans le jeu et sur le terrain, souriant de toutes ses dents alors que je lui faisais signe depuis les gradins.

À la fin du neuvième tour, l'équipe de Shay marqua à nouveau.

Maintenant, avec deux sorties, les bases étaient posées pour remporter la manche et Shay était prévu pour être le prochain à la batte. À ce tournant du match, laisseraient-ils Shay à la batte, abandonnant ainsi leurs chances de gagner la partie ?

Étonnamment, Shay reçut la batte. Tout le monde savait que le coup était impossible puisque Shay ne savait même pas la tenir correctement et encore moins frapper la balle.

Néanmoins, alors que Shay se tenait debout sur le plateau, le lanceur adverse, se rendant compte que l'autre équipe avait abandonné la victoire en faveur de cet instant de la vie de Shay, bougea de quelques pas pour lober doucement la balle afin que Shay puisse au moins la toucher.

Le premier jet arriva et Shay swinga maladroitement et la rata.

Le lanceur fit encore quelques pas dans sa direction pour lancer doucement la balle vers Shay

Lorsque la balle arriva, Shay swinga et frappa une balle lente et basse, juste derrière le lanceur.

La partie aurait dû être finie.

Le lanceur alla chercher la balle et aurait pu facilement l'envoyer au premier homme de base.

Shay aurait été éliminé et çaurait été la fin de la partie.

Au lieu de ça, le lanceur lança la balle juste au-dessus de la tête du premier homme de base, hors d'atteinte de tous les gars de son équipe.

Tout le monde dans les gradins, tous supporters confondus, commencèrent à crier : « Vas-y Shay, cours vers la premiere ! Cours vers la premiere ! »

Jamais de sa vie Shay n'avait couru aussi vite, mais il atteint la première base.

Il descendit la ligne de base en galopant, les yeux grands ouverts, l'air étonné.

Tout le monde cria : « Cours vers la seconde, cours vers la seconde ! »

Prenant son souffle, Shay courut maladroitement vers la seconde, suant et soufflant pour atteindre la base.

Pendant que Shay tournait vers la seconde base, le joueur de champ droit avait la balle. Le plus petit gars de leur équipe avait maintenant sa première chance d'être le héros de son équipe.

Il aurait pu lancer la balle au second baseman pour marquer, mais il comprit les intentions du lanceur, alors, lui aussi lança intentionnellement la balle loin et haut au-dessus de la tête du troisième baseman.
Shay courut, fou de joie, vers la troisième base, alors que les coureurs, devant lui contournaient la base, retournant dans leur camp.
Tous criaient : « Shay, Shay, Shay, vas-y à fond Shay ».

Shay atteignit la troisième base parce que le court arrêt de l'équipe adverse lui permit d'y parvenir. Elle criait : « Va vers la troisième, Shay, va vers la troisième ! »

Alors qu'il contournait la troisième, les garçons des deux équipes et les spectateurs étaient debout criant : « allez Shay, retourne dans ton camp ! Retourne dans ton camp ! »

Shay courut vers son camp, se tint debout sur le plateau et fut acclamé comme le héros qui avait remporté le Grand Chelem et gagné la partie pour son équipe.

« Ce jour-là » dit doucement le père avec les yeux pleins de larmes, « les garçons des deux équipes ont permis au véritable amour et à l'humanité de prendre place dans ce monde. »

Shay ne passa pas l'été suivant. Il mourut cet hiver-là, sans avoir oublié qu'il avait été le héros et m'avait rendu si heureux, qu'il était rentré à la maison et qu'il avait vu sa maman en larmes embrasser son petit héros du jour !

Et voici maintenant, une petite conclusion à cette histoire :

nous envoyons tous des milliers de plaisanteries par e-mail sans plus y penser, mais lorsque le moment est venu d'envoyer des messages concernant des choix de vie, les gens hésitent.

Le grossier et le vulgaire -et souvent l'obscène- traversent librement le cyberespace mais les discussions publiques sur la décence sont trop souvent bannies de nos écoles et de nos lieux de travail.

Si vous pensez à faire circuler ce message, il y des chances que vous sortiez du lot de ceux de votre agenda auquel ce type de message ne s'adresse pas. Bien sûr, la personne qui vous envoie ça suppose que vous pouvez faire la différence.

Nous avons tous des milliers d'opportunités dans une seule journée d'aider à l'accomplissement de « l'ordre naturel des choses. »

Ainsi, de nombreuses interactions banales entre deux personnes nous offrent ce choix.

Est-ce que nous communiquons cette petite étincelle d'amour et d'humanité ou est-ce que nous laissons passer ces opportunités, laissant le monde se refroidir dans ce processus ?

Un homme sage a dit un jour : « chaque société peut se juger par la façon dont elle traite ses membres les moins moins fortunés ».

Vous avez maintenant deux choix :

1. Effacer ou
2. Faire suivre

passez une merveilleuse journée.

vendredi 18 novembre 2016

Les trois bénéfices de la souffrance


Souffrir aussi cela son intérêt. Par la douleur, la fierté est évacuée et la pitié retrouvée à l'égard de ceux qui errent dans le Samsara ; le mal est évité et la bonté semble délectable.

Shantideva cite trois bénéfices de la souffrance.
Le premier : par la souffrance, la fierté et évacuée. Peu importe à quel point nous avons été arrogants et condescendants, la grande souffrance peut nous rendre l'humilité. La douleur d'une maladie sérieuse ou la perte d'un être cher génère une transformation, nous adoucit et nous rend moins égocentrique.

Le second bénéfice de la douleur est l'empathie : la compassion ressentie pour ceux qui errent dans le Samsara. Notre souffrance personnelle nous donne de la compassion pour ceux qui sont dans la même situation. Une jeune femme me disait que lorsque son bébé mourut, elle ressentit une profonde connexion avec tous les autres parents qui avaient perdu un enfant. C'était, à son avis, la bénédiction inespérée liée à sa peine.

Le troisième bénéfice de la souffrance, c'est que le mal est évité et que la bonté semble délectable. Lorsque nous pratiquons conformément aux instructions de Shantideva, nous devenons plus habiles concernant la cause et le résultat. Par cette compréhension, nous sommes moins enclins à blesser, nous avons un désir accru d'accumuler des mérites et de bénéficier aux autres.

samedi 12 novembre 2016

Les mauvais disciples

On les décrit dans la Lucidité Spontanée comme suit :

ils ne montrent ni honneur ni respect, ils pervertissent le mantra secret par leur conduite, ils n'ont ni le sens de la famille, de la lignée ni bon caractère, ils manquent d'intelligence, ils méprisent la bonté et font tout un plat de petites choses. De tels disciples qui ne se remettent pas en question, sont les ennemis d'un Maître

Et l'Omniscient (Longchenpa) a dit :

D'un autre côté, les disciples malchanceux sont à la base de toutes les fautes. Ils n'ont ni foi, ni sens de la honte ou de la décence, peu de compassion, leur famille, leur caractère et leurs comportement reflètent leur mauvaise fortune.

Leurs esprits et leurs actes sont grandement affectés par les cinq émotions empoisonnées, ils brisent les préceptes, confondant dharma et non-dharma, le bien et le mal, ils manquent au respect de leurs vœux de leurs engagements et n'ont pas d'antidote.

Extrêmement stupides et manquant d'intelligence, ils sont difficiles à satisfaire, leur colère et leurs mots déplacés s'accroissent toujours. Ces disciples suivent leur maître avec cinq notions erronées :
ils considérent le maître comme un cerf, l'enseignement comme du musc, eux-mêmes comme des chasseurs, leurs intenses pratiques comme une forme de chasse, et le résultat -l'accomplissement du dharma- comme quelque chose à vendre.

Comme ils ne tiennent pas leurs engagements, ils souffriront dans cette vie et dans la prochaine.

Certains d'entre eux commencent inconsidérément, sans avoir d'abord examiné le maître. Au début, ils parlent de ses qualités et plus tard ils le critiquent.

D'autres ont deux visages, sournois hypocrites, essayant en douce de tirer le meilleur des disciples les plus proches du maître.
De tout cela il résulte une renaissance dans l'Enfer de l'Ultime Tourment.

De tels disciples à la mauvaise destinée, sont porteurs de nombreuses fautes. Ils ont peu de foi et absolument aucune honte à l'égard d'eux même, aucune décence au regard des autres ni de compassion. Ils sont d'une mauvaise famille et on mauvais esprit. Ils se conduisent mal et ont peu de chance. Leurs esprits et leurs émotions perturbantes sont très grossières. Ils brisent les préceptes et confondent les actes positifs et les actes négatifs. Ils n'observent pas leurs vœux et leurs engagements. Ils n'ont aucun contrôle sur leurs émotions perturbantes et ignorent les antidotes. Ils ne sont pas très intelligents et difficiles à contenter. Ils sont coléreux et hurlent pour des broutilles. Ils sont naturellement assidus dans les activités étrangères au dharma. Ils trahissent le Bouddha, déshonorent le dharma et détruisent la sangha.

Lorsqu'ils cherchent les enseignements du maître, comme leurs esprits ne sont pas absolument pas en paix, il blessent et méprisent tout le monde, comme des chasseurs. Ils pensent : « mis à part le fait que je reçois cette transmission particulière de sa part, le maître à tel défaut et commet telle erreur, il n'est pas meilleur qu'un animal » et, se considérant meilleur que les autres puisqu'ils ont reçu l'enseignement, il considèrent ce dernier comme du musc. Avant même d'avoir fini de recevoir l'enseignement, il le transmettent et le vendent, comme une faveur pour les autres, parce qu'ils le méprisent, ou contre une maigre récompense. De tels disciples seront malchanceux dans cette vie et dans la prochaine, ils erreront dans les royaumes inférieurs, comme cela est expliqué dans le commentaire sur le Tantra qui Établit les Trois Engagements :

Ceux qui critiquent un maître adamantin du mantra secret, qui abusent le dharma et l'échangent contre des richesses, qui, bien qu'ils connaissent les engagements, les observent pas, n'auront qu'une courte vie, souffriront du déclin de leur splendeur, de leur chance et de la punition des dakinis.
Dans la prochaine vie, il tomberont dans les royaumes inférieurs.

En premier lieu, le maître et le disciple ne s'acceptent mutuellement qu'après s'être examinés l'un l'autre. Puis, bien que les disciples, par un effet de nouveauté, puissent faire preuve de respect et faire des cadeaux au maître, ils se mettent en colère pour des broutilles de circonstance, devenant insultants et grossiers. Même s'ils restent seul, il trouveront à redire aux plus petites choses et décourageront tous les disciples les plus proches du maître. Certains disciples peuvent louer leur maître en leur présence, faire faussement preuve de dévotion, bien qu'il n'y ait dans leur esprit ni foi ni respect. Ils font secrètement usage de leur habileté pour jouer la comédie.

En raison de cela, et parce qu'ils critiquent leur maître, les conséquences négatives sont sans limite comme le montrent les Cinquante Versets :

Qui endurera les enfers terrifiants,
L'Enfer de l'Ultime Tourment et les autres ?
Ceux qui disent du mal du maître :
Comme il a été bien expliqué, c'est là qu'ils demeureront.

C'est pour cette raison que le maître et le disciple doivent d'abord s'examiner minutieusement et ne rien commencer sans d'abord en délibérer. Comme le précise le même document :

Comme le maître et le disciple
Rompront également leurs engagements,
Le brave doit d'abord vérifier la connexion
Entre maître et disciple.

Si cela n'apparaît pas sur une courte période, alors, comme le Tantra explicatif du Collier de Diamants le dit, il leur faudra se tester l'un l'autre pendant une longue période :

L'examen peut durer jusqu'à douze ans.

Un tel examen doit être engagé avant que toute connexion soit faite par la transmission ou l'enseignement. Mais une fois que l'on a reçu une transmission ou un enseignement, même si nos maîtres ont brisé leurs vœux en commettant chacune des quatre pires fautes, il est déplacé de les juger, de perdre la foi ou autre, il ne reste qu'à les considérer comme méritant dévotion et respect. Comme il est dit :

Si vous ne considérez pas comme vos maîtres
Ceux dont vous auriez entendu un seul verset,
C'est en chien que vous renaîtrez une centaine de fois,
Et en exclu que vous prendrez vie.

- Dudjom Rinpoche - Une Torche Illuminant la Voie de la Liberté

jeudi 10 novembre 2016

La pratique du cœur (qu importe la religion)...

Il était un Sheikh qui enseignait Aqeedah (la foi) à ses étudiants. Il leur enseigna «La ilaha illa Allah »* et leur en expliqua le sens.

Le Sheikh aimait les animaux, alors un de ses étudiants lui fit cadeau d'un perroquet. Au fil des jours, le Sheikh commença à s'attacher au perroquet.
Il était présent pendant les leçons, jusqu'au jour où le perroquet sut dire : «La ilaha illa Allah » et le cria jour et nuit. Un jour les élèves trouvèrent leur Sheikh en larmes.

Lorsqu'ils lui en demandèrent la raison, il dit qu'un chat avait attaqué le perroquet et l'avait tué.

Ils dirent : « c'est la raison pour laquelle tu pleures ? »… Si tu veux, on t'offre un perroquet encore meilleur que celui-là.

Le Sheikh dit : « je ne pleure pas cause de ça… Ce qui m'a fait pleurer c'est quand le chat a attaqué le perroquet. Il a hurlé jusqu'à ce qu'il meure.
Pourtant, il savait parfaitement dire «La ilaha illa Allah » et là, attaqué par le chat, il a oublié de le dire. Il n'a fait que crier ! C'est parce qu'il ne le disait qu'avec sa langue, et que son cœur ne l'avait pas appris, donc qu'il ne le ressentait pas !

Puis le Sheikh dit : « Je crains d'être comme ce perroquet : nous passons notre vie à répéter «La ilaha illa Allah » avec nos langues mais lorsque la mort arrive, nous l'oublions parce que notre cœur ne le sait pas.

Lorsqu'il dit cela, ses étudiants commencèrent à pleurer, de crainte d'un manque d'honnêteté dans leur récitation du «La ilaha illa Allah »

Puisse Allah mettre «La ilaha illa Allah » dans nos cœurs et sur nos langues avant et pendant notre mort.

* "Il n'y a que Dieu et Dieu seul"

mercredi 12 octobre 2016

Colère...

Lorsque quelqu'un nous insulte, d'habitude on se braque en se demandant : « pourquoi m'a-t-il dit cela ? » etc. c'est comme si quelqu'un nous décochait une flèche et qu'elle tombe à nos pieds. S'attarder là-dessus c'est comme prendre la flèche et se poignarder plusieurs fois avec, en se disant : « il m'a vraiment blessé, comment a-t-il pu faire une chose pareille ? »

Au lieu de cela, nous pouvons nous servir de la contemplation pour voir les choses différemment, pour changer l'habitude de réagir avec colère.

Imaginez que quelqu'un vous insulte. Dites-vous : « cette personne me met en colère. Mais quelle est cette colère ? » C'est l'un des poisons de l'esprit qui crée du karma négatif et nous conduit à d'intenses souffrances. Réagir à la colère par la colère c'est comme suivre un cinglé qui saute d'une falaise. Dois-je faire de même ? Alors qu'il est idiot de le faire, il serait encore plus idiot que je fasse de même.
Chagdud Tulku Rinpoche

lundi 10 octobre 2016

Le Dalaï-lama À Strasbourg En 2016

Oui je sais c'est fini. Mais j'aimerais revenir sur ce qui s'y est passé le dimanche matin. Une grande partie des gens présent ont pris les vœux, en posant un genoux à terre et en répétant les formules sacrées... Mais savez vous seulement ce que ça représente ? 
Vous avez pris refuge auprès de sa sainteté le XIVeme Dalaï-lama. Vous vous êtes engagés à pratiquer régulièrement. La pratique de chenrezi dont il nous a donné l'initiation notamment, et ceci une fois par jour minimum pendant plusieurs mois... Et même à vie. 
Sa sainteté le XIVeme Dalaï-lama nous a transmis un peu du souffle d'origine des bouddha, il nous a à tous donné un nom de refuge. Ce que nous faisons de ce souffle, qui nous a été transmis par ce saint homme, dépend de nous. Mais la vie même de ce saint homme dépend de ce que nous ferons de son souffle. Si nous ne pratiquons pas alors cette énergie sera perdue pour lui et lui reviendra même de façon négative. Ça vie pourra lui en être drastiquement réduite, tel ce grand lama mort il y a quelques années qui avait une espérance de vie de 120 ans et qui est mort a à peine 62 ans. Il avait donné tellement d'ordination à des occidentaux qui en ont fait n'importe quoi... 
Donc vous avez pris refuge, vous avez sa vie entre vos mains, et aussi la votre... 
Décidez en connaissance de cause. 

mercredi 14 septembre 2016

La nature vide - Empty nature


Si vous voyez toute chose clairement tout en sachant que sa nature est vide, alors vous serez toujours heureux. Toutefois, si vous connaissez les bonnes qualités de quelque chose, par exemple votre maison, mais que vous ne savez pas qu'elle est dépourvue de nature propre intrinsèque, alors vous serez très triste si elle brûle. Si le partenaire que vous aimez meurt, il y aura de la tristesse mais si vous connaissez la nature vide de tous les phénomènes, alors vous serez serein. Apparence et vacuité sont unies naturellement et en leur union se trouve beaucoup de joie.
Le dharmadhatu, espace infini qui offre une hospitalité englobant tout, est comme une sphère sans division ou limite. Il n'a été créé par personne, ni les Bouddhas ni nous-mêmes. Il n'a ni début ni fin et aucune différentiation. Rien n'est séparé de lui et c'est la profondeur et l'espace de la sagesse. C'est libre de donner/prendre, autorisé/interdit et en son sein, tout apparaît sans aucune saisie. C'est vaste depuis le tout-début, pur et parfait. Notre propre esprit, notre conscience éveillée, est inséparable de cet espace vide semblable au ciel. Nous ne sommes pas quelque chose que l'on puisse saisir et nous n'avons pas besoin de saisir.
Notre conscience éveillée est pure depuis le tout-début, inséparable du dharmadhatu, dénuée de centre et de bord. Non entravée et sans début ni fin, c'est la profondeur de la connaissance intrinsèque dénuée (des notions) d'accepter et rejeter, c'est la grande nature apparaissant spontanément sans saisie. Primordialement parfaite et pure, c'est le royaume de la pureté naturelle.


If you see all things clearly while knowing their nature is empty, then you will always be happy. However, if you know the good qualities of something, for example your house, but do not know that it is empty of inherent self nature, then you will be very sad if it burns. If the partner you love dies, there is sorrow but if you know the empty nature of all phenomena, then you will be happy. Appearances and emptiness are naturally joined ant in their union is much joy.
Infinite space which offers all-encompassing hospitality, dharmadhatu, is like a sphere with no division or end. It has not been made by anyone, neither Buddhas nor ourselves. It has no beginning and no end and is without diffrentiation. Nothing is separate from it and it is the depth and expanse of wisdom. It is free of giving and taking, allowed and not allowed and within it everything arises free of grasping. It is great from the very beginning, pure and complete. Our own mind, our awareness, is inseparable from this great sky-like empty expanse. We are not a thing that can be grasped and we have no need to grasp.
Our awareness is pure from the vey beginning, inseparable from the dharmadhatu, free of centre and boundary. Uncontrived and without beginning or end, it is the depth of intrisic knowing, free of accepting and rejecting, it is the great self-arising nature free of grasping. Primordially complete and pure, it is the realm of natural purity.

Par C.R. Lama